
Diriger la prévention des risques psychosociaux et la justice organisationnelle par la Science des Emotions
Toutes les conditions de travail n’apparaissent pas dans les descriptions de poste ou les manuels de sécurité. Pourtant, les organisations sont désormais appelées à prendre en compte des réalités longtemps considérées comme invisibles: la charge émotionnelle, l’équité, les conflits, l’ambiguïté, l’exposition liée à l’identité et la tension relationnelle. Au Québec, la Loi 27 rend cette responsabilité explicite en exigeant des employeurs qu’ils identifient, évaluent et préviennent les risques psychosociaux.
Cela marque un changement clair — passer d’une lecture du stress et de l’épuisement comme enjeux individuels à leur reconnaissance comme responsabilités organisationnelles liées au devoir de diligence, à la justice et à la performance.
Plutôt que d’adopter une conformité minimale, des messages de mieux-être ou des correctifs en aval axés sur la « résilience », nous appliquons la Science des Emotions™ aux risques psychosociaux et à la justice organisationnelle. Les émotions sont abordées comme des signaux systémiques, et non comme de simples réactions individuelles.
La charge émotionnelle, les conflits, le désengagement et l’épuisement révèlent la manière dont l’équité, la clarté, le pouvoir d’agir et le soutien sont vécus dans le travail quotidien. Cette lecture permet aux organisations d’identifier où les conditions de travail concentrent le risque ou désalignent responsabilité et contrôle — et où la prévention en amont est nécessaire.
L’équipe
Nous collaborons depuis de nombreuses années sur des initiatives liées à l’inclusion, à l’intersection de la recherche, des politiques publiques et de la pratique. Nos travaux comprennent de la recherche appliquée sur la santé mentale et les conditions de travail, ainsi que l’accompagnement d’organisations pour favoriser un accès équitable au financement de la recherche, à l’éducation et aux environnements d’apprentissage numériques.
Maren Gube, PhD – Chercheuse et conseillère, établissant des ponts entre les risques psychosociaux et la Science of Emotions™ dans les contextes organisationnels et de leadership. Ancienne cadre supérieure et spécialiste primée en sciences de l’apprentissage; publiée dans Harvard Business Review et dans des revues évaluées par les pairs.*


Bibiana Pulido – Entrepreneure sociale, chargée de cours et experte en équité, diversité et inclusion (EDI), justice sociale, ressources humaines et gestion des connaissances. Fondatrice et directrice générale du Réseau québécois pour l’équité, la diversité et l’inclusion, organisme à but non lucratif de référence au Canada.**
** À propos de Bibiana: Forte d’un parcours multidisciplinaire et d’une expérience terrain étendue dans les secteurs public, privé, communautaire, créatif et postsecondaire, elle accompagne les organisations dans la mise en œuvre de pratiques centrées sur l’humain, rigoureuses et non performatives. Reconnue pour sa capacité à mobiliser des parties prenantes diversifiées, elle conçoit des solutions concrètes et durables à des défis organisationnels complexes.
* En savoir plus sur Maren ici.
1.
Le contexte
Les risques psychosociaux émergent des conditions de travail, non de la personnalité. Les rôles comportant une forte charge émotionnelle, un mandat axé sur la mission, une exposition identitaire ou une responsabilité publique sont particulièrement concernés.
Ces dynamiques sont présentes depuis longtemps dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’administration publique et dans les milieux à forte intensité de savoir; la Loi 27 les nomme explicitement et formalise la responsabilité de les prévenir.
La Loi 27 inscrit les risques psychosociaux dans une logique de prévention plutôt que de réaction post-incident. Notre rôle est de traduire ces exigences en comportements de leadership concrets et en conditions organisationnelles qui réduisent les dommages en aval.
2.
Le problème sous le problème
Les approches traditionnelles ont présenté le stress et l’épuisement comme des phénomènes individuels relevant de l’autogestion en aval. Or, les risques psychosociaux prennent racine en amont, notamment dans :
- la charge de travail et le rythme
- l’ambiguïté des rôles et les demandes concurrentes
- l’autonomie et le contrôle
- la communication en contexte de changement
- les conflits et les frictions relationnelles
- la perception d’équité et la possibilité de s’exprimer
- l’exposition liée à l’identité et le travail émotionnel
- la détresse morale dans les environnements axés sur la mission
Il ne s’agit pas d’enjeux « mous » — ce sont des déterminants structurels de la performance, de la rétention et de l’engagement.
3.
Pourquoi c’est important
Lorsque les conditions psychosociales se détériorent, des schémas prévisibles apparaissent :
- la confiance s’érode
- la bande passante cognitive se rétrécit
- la collaboration ralentit
- les conflits s’intensifient plus rapidement
- le roulement et l’absentéisme augmentent
- le recrutement devient plus difficile
- l’effort discrétionnaire diminue
Ces effets sont coûteux pour les organisations et intenables pour les individus. La Loi 27 les recadre comme des risques évitables, et non comme des échecs de résilience personnelle.
4.
Là où les approches traditionnelles échouent
La plupart des réponses se concentrent sur l’adaptation individuelle en aval (pleine conscience, résilience, mieux-être, coaching) ou sur une conformité documentaire (politiques, formations, attestations). Ces approches laissent intactes les conditions systémiques et déplacent souvent la responsabilité vers les individus.
Une prévention efficace des risques psychosociaux exige d’agir en amont sur les conditions du système et au niveau intermédiaire du leadership, là où les risques sont soit atténués, soit amplifiés.
5.
Ce qui fonctionne réellement
La prévention des risques psychosociaux requiert une action coordonnée à trois niveaux :
En amont (conditions systémiques)
- charge de travail, autonomie, clarté, équité, communication, exposition identitaire
Au niveau intermédiaire (opérationnalisation du leadership)
- influence des leaders sur la charge émotionnelle, la construction de sens, la sécurité psychologique, la perception d’équité et les dynamiques relationnelles sous pression
En aval (expérience individuelle)
- épuisement, désengagement, conflits, détresse morale, retrait
La prévention se produit lorsque le risque est traité en amont dans les conditions systémiques et au niveau intermédiaire dans les comportements de leadership — plutôt qu’en aval dans l’adaptation individuelle.
La mesure permet de capter les déterminants multi-niveaux des risques psychosociaux. Lorsque pertinent, nous utilisons des instruments validés pour quantifier les conditions de travail, le climat, la justice organisationnelle, les schémas de communication et la charge émotionnelle — créant ainsi les boucles de rétroaction nécessaires à la prévention et à l’amélioration.
6.
Notre approche
Nous intégrons la Science des Emotions™ à la justice organisationnelle et au devoir de diligence afin d’aider les organisations à prévenir les risques psychosociaux à la source.
Notre accompagnement comprend :
- Des séances d’information stratégique pour les dirigeants et les RH sur les risques psychosociaux, la justice et le devoir de diligence
- Le développement des capacités de leadership afin d’amortir la charge systémique plutôt que de la transmettre en aval
- Des sessions destinées au personnel visant à développer l’agentivité émotionnelle sans individualiser le risque organisationnel
- Des diagnostics rendant visibles la charge émotionnelle, l’équité et les conditions de travail
- Un soutien-conseil pour interpréter les résultats et identifier des interventions en amont
Nous ne proposons ni programmes de mieux-être, ni conférences motivationnelles, ni listes de conformité. Notre travail porte sur les conditions, la culture et la performance — et non sur l’adaptation individuelle en aval.
Deux volets
Volet 1: Pour les leaders
Ce volet applique la Science des Emotions™ au leadership, montrant comment la charge émotionnelle, l’équité et le sens influencent les risques psychosociaux.
Les leaders apprennent à:
- reconnaître les risques psychosociaux dans les systèmes, et non chez les individus
- traduire les attentes liées aux risques psychosociaux et au devoir de diligence en pratiques de leadership quotidiennes
- influencer l’équité, la communication et le climat émotionnel sous pression
- répartir plus équitablement le travail émotionnel
- gérer les conflits sans escalade
- créer des conditions favorisant la sécurité psychologique, la confiance et la clarté
- soutenir l’agentivité émotionnelle en améliorant la clarté, la voix et la sécurité relationnelle
- réduire la pression en aval en intervenant au niveau intermédiaire pour assurer un environnement inclusif
Volet 2: Pour le personnel
Ces sessions portent sur l’expérience vécue du travail exigeant, particulièrement dans les environnements relationnels, axés sur la mission ou exposés au public.
Le personnel apprend à :
- comprendre la charge émotionnelle dans son contexte
- naviguer les stresseurs liés à l’identité et les frictions relationnelles
- développer son agentivité émotionnelle pour s’engager sans s’épuiser ni se retirer
- maintenir sa performance sans sur-fonctionner
- participer sans devenir l’amortisseur du système
- savoir quand et comment escalader des préoccupations
Ces sessions permettent au personnel de demeurer engagé sans transférer la responsabilité des conditions systémiques vers les individus.
Pour qui?
Organisations qui
- observent une pression sur le moral, la rétention ou les conflits
- gèrent des rôles à forte charge émotionnelle
- évoluent dans des contextes complexes
- sont engagées envers la justice et le devoir de diligence
- souhaitent améliorer les conditions, et non seulement les documenter
- mettent en œuvre la Loi 27 et ont besoin d’un soutien en amont
Leading Psychosocial Risk and Organizational Justice through the Science of Emotions
Not all working conditions show up in job descriptions or safety manuals.
Yet organizations are now expected to address conditions that were long treated as invisible: emotional load, fairness, conflict, ambiguity, identity-based exposure, and relational strain. In Quebec, Loi 27 makes this explicit by requiring employers to identify, assess, and prevent psychosocial risks.
This marks a clear shift — from treating stress and burnout as personal issues to recognizing them as organizational responsibilities tied to duty of care, justice, and performance.
Rather than defaulting to compliance minimalism, wellness messaging, or downstream “resilience” fixes, we apply the Science of Emotions™ to psychosocial risk and organizational justice. Emotions are treated as system-level signals, not individual reactions.
Emotional load, conflict, disengagement, and burnout point to how fairness, clarity, power, and support are experienced in daily work. This helps organizations see where working conditions concentrate risk or misalign responsibility and control — and where upstream prevention is needed.
The Team
We have worked together for many years on inclusion-related initiatives at the intersection of research, policy, and practice. Our collaborations have included applied research on mental health and working conditions, as well as supporting equitable access to research funding, education, and digital learning environments. Across contexts, our shared approach has been to combine rigorous analysis with practical design — translating complex social, emotional, and organizational dynamics into interventions that are credible, usable, and grounded in real operating conditions.
Maren Gube, PhD – Researcher and advisor, bridging psychosocial risk and the Science of Emotions™ in organizational and leadership contexts. Former senior executive and award-winning learning sciences scholar; published in Harvard Business Review and peer-reviewed journals.*


Bibiana Pulido – Social entrepreneur, lecturer and expert in equity, diversity, and inclusion (EDI), social justice, HR and knowledge management. Founder and Executive Director of the Réseau québécois pour l’équité, la diversité et l’inclusion, a leading non-profit organization practice in Canada.**
** More about Bibiana: With a multidisciplinary background and extensive hands-on experience across the public, private, community, creative, and postsecondary sectors, she supports organizations in implementing human-centered, rigorous, and non-performative practices. Recognized for her ability to mobilize diverse stakeholders, she designs practical and sustainable solutions to complex organizational challenges.
* More about Maren here.
1.
The Context
Psychosocial risk emerges from conditions, not personality. Roles that carry high emotional labor, mission-driven work, identity exposure, or public accountability are particularly affected.
These dynamics have long been present in healthcare, education, public administration, and knowledge-intensive sectors; Loi 27 names them and formalizes responsibility for addressing them.
Loi 27 shifts psychosocial risk into the domain of prevention, not post-incident response. Our role is to translate these requirements into practical leadership behaviours and organizational conditions that reduce downstream harm.
2.
The Problem Beneath the Problem
Traditional approaches framed stress and burnout as individual phenomena requiring downstream self-management. However, psychosocial risk lives upstream in:
- workload and pace
- role ambiguity and competing demands
- autonomy and control
- communication during change
- conflict and relational friction
- perceived fairness and voice
- identity-based exposure and emotional labor
- moral distress in mission-driven environments
These are not “soft” issues — they are structural determinants of performance, retention, and engagement.
3.
Why It Matters
When psychosocial conditions deteriorate, predictable patterns follow:
- trust erodes
- cognitive bandwidth narrows
- collaboration stalls
- conflict escalates faster
- turnover and absenteeism rise
- recruitment becomes harder
- discretionary effort declines
These outcomes are costly for organizations and unsustainable for individuals. Loi 27 reframes them as preventable risks, not personal resilience failures.
4.
Where Traditional Approaches Break Down
Most responses focus on downstream coping (mindfulness, resilience, wellness, coaching) or paper compliance (policies, training, acknowledgements). Both approaches leave systemic conditions untouched and often shift responsibility onto individuals.
Effective psychosocial risk mitigation requires moving upstream to system conditions and midstream to leadership, where risks are either buffered or amplified.
5.
What Actually Works
Addressing psychosocial risk requires coordinated action across three layers:
- Upstream (System Conditions)
– workload, autonomy, clarity, fairness, communication, identity-based exposure - Midstream (Leadership Operationalization)
– how leaders influence emotional load, meaning-making, psychological safety, fairness perception, and relational dynamics under pressure - Downstream (Individual Experience)
– burnout, disengagement, conflict, moral distress, withdrawal
Prevention occurs when risk is addressed upstream in system conditions and midstream in leadership behaviour, rather than downstream in individual coping.
Measurement captures the multi-level determinants of psychosocial risk. Where appropriate, we draw on validated instruments to quantify working conditions and the climate, organizational justice, communication patterns, and emotional load — generating the feedback loops required for prevention and improvement.
6.
Our Approach
We integrate the Science of Emotions™ with organizational justice and duty-of-care to help organizations prevent psychosocial risks at the source.
Our work includes:
- Context briefings for executives and HR on psychosocial risk, justice, and duty-of-care
- Leadership capacity building to buffer systemic load rather than transmit it downstream
- Employee sessions that develop emotional agency without individualizing organizational risk
- Diagnostics that make emotional load, fairness, and working conditions visible
- Advisory support to interpret findings and identify upstream interventions
We do not provide wellness programs, motivational talks, or compliance checklists. Our focus is on conditions, culture, and performance, not downstream coping.
Two Tracks
Track 1: For Leaders
This track applies the Science of Emotions™ to leadership, showing how emotional load, fairness, and meaning shape psychosocial risk.
Leaders learn to:
- recognize psychosocial risk in systems, not individuals
- translate psychosocial risk and duty-of-care expectations into everyday leadership practices
- influence fairness, communication, and emotional climate under pressure
- distribute emotional labor more equitably
- navigate conflict without escalation
- create conditions for psychological safety, trust, and clarity
- enable emotional agency by improving clarity, voice, and relational safety
- reduce downstream strain by intervening midstream to ensure an inclusive environment
Track 2: For Employees
Employee sessions focus on the lived experience of demanding work, particularly in relational, mission-driven, and public-facing environments.
Employees learn to:
- understand emotional load in context
- navigate identity-based stressors and relational friction
- build emotional agency to participate without burning out or withdrawing
- sustain performance without over-functioning
- participate without becoming the system’s shock absorbers
- know when and how to escalate concerns
These sessions help employees stay engaged without shifting responsibility for systemic conditions onto individuals.
Who This Is For:
Organizations that are
- experiencing strain in morale, retention, or conflict
- navigating high-emotional-labour roles
- managing complexity
- committed to justice and duty-of-care
- prepared to improve conditions, not just document them
- implementing Loi 27 and need upstream support

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